À Wolgok-dong, un quartier de l’arrondissement de Gwangsan situé à Gwangju, les rues offrent le spectacle familier d’enseignes en alphabet cyrillique et l’on y entend plus souvent parler russe que coréen, car c’est là que se sont établis nombre de ressortissants d’Asie centrale d’origine coréenne, les Goryeo-in. Ce nom, comme celui de Goryeo-saram par lequel ils se font aussi appeler, signifie « gens de Goryeo» et désigne les descendants des Coréens qui émigrèrent en Russie au début du siècle dernier en se référant à l’ancien royaume de Goryeo qui régna sur la péninsule de 918 à 1392.
Enfants s’initiant à l’alphabet coréen, dit hangeul, à l’école maternelle du Village des Goryeo-in situé non loin de Gwangju. Les ressortissants d’Asie centrale qui sont d’origine coréenne attachent une grande importance aux études et tiennent en particulier à ce que leurs enfants maîtrisent la langue de leur pays d’accueil. Des cours de coréen sont également dispensés aux adultes et adolescents.
Communément appelés « Goryeo-in » en coréen ou « Kareiski » en russe, les ressortissants coréens de la Communauté des États indépendants descendent des premiers émigrés qui partirent pour la Russie, voilà plus d’un siècle, en au moins trois grandes vagues migratoires s’étalant sur trois à cinq générations successives. Les premiers départs de grande ampleur, qui se déroulèrent sous l’occupation japonaise du début du XXe siècle, avaient pour destination le Kraï du Primorié, alors également connu sous le nom d’Extrême-Orient russe.
En 1937, le pouvoir stalinien, qui ne voyait dans les nouveaux arrivants qu’espions et éléments déstabilisateurs par le simple fait qu’ils étaient étrangers et donc forcément déloyaux envers l’État soviétique, entreprit leur déportation dans des régions arides d’Asie centrale. Parmi les différents groupes ethniques concernés, figuraient des sujets japonais d’origine coréenne qui ne cachaient pas leur hostilité au régime des Soviets. En deux mois à peine, 171 781 Coréens composant 36 442 foyers allaient ainsi se voir déplacer au Kazakhstan et en Ouzbékistan, mais, dès leur arrivée, 40 000 d’entre eux succombèrent à la malnutrition et aux maladies qui régnaient dans ces régions inhospitalières.
Une déportation en masse vers des contrées désertiques
Au Café, c’est-à-dire « de la famille », les Goryeo-in peuvent retrouver le pain cuit au four à la manière traditionnelle de leurs pays d’Asie centrale, entre autres spécialités culinaires qui seront l’occasion de découvertes exotiques pour les clients venant d’autres régions.
Après l’effondrement de l’Union soviétique survenu en 1991, les générations suivantes n’échappèrent pas aux discriminations dont avaient été victimes leurs parents et grands-parents dans les pays d’Asie centrale désormais indépendants, ce qui allait pousser nombre d’entre eux à retourner au pays de leurs ancêtres.
À l’heure actuelle, pas moins de 40 000 de ces ressortissants coréens d’Asie centrale résident en Corée du Sud, dont environ un dixième dans un quartier de Gwangju appelé Wolgok-dong. Le cas de Vladimir Kim illustre bien cette tendance au retour, puisque ce poète, un ancien professeur de littérature russe des facultés de littérature et de médecine de l’Université de Tachkent, a quitté l’Ouzbékistan en 2011 pour s’établir en Corée du Sud, où sa famille allait le rejoindre plus tard, sans la moindre idée de ce qu’il y ferait.
Comme nombre de ses compatriotes, c’est en apprenant l’existence de cet important groupe qu’il allait se décider à partir.
Ces immigrés venant de Tashkent ou des environs travaillent pour la plupart à l’usine, notamment dans l’agro-alimentaire, et recherchent pour se loger des studios à faible loyer situés à proximité de leur lieu de travail, ce qui est le cas dans le quartier de Wolgok-dong où ils se concentrent aujourd’hui.
Tout un village voit le jour
Premier établissement multiculturel alternatif du pays, l’école Saenal, ou « du nouveau jour », assure une formation à différents métiers, dont la menuiserie, afin que les adolescents qui ont quitté l’Asie centrale pour leur pays d’origine puissent s’y intégrer au mieux.
Malgré leurs difficultés économiques, les Goryeo-in ont su faire leur nid en territoire étranger grâce à la forte solidarité et à l’esprit de communauté qui les unissent. Ils y ont vaillamment refait leur vie avec l’aide de groupements qu’ils ont eux-mêmes créés, dont une coopérative, un centre d’activités communautaires, des stations de radio locales, une crèche et une maison de la jeunesse.
Au fil du temps, cette population est allée croissant et les immigrés des débuts se sont lancés dans le commerce avec toujours plus de succès. L’un d’eux a ouvert en 2015 le café Cемья dont le nom signifie « famille » en russe et qui vend le pain au levain et les brochettes de viande grillée typiques de l’Asie centrale. Cet établissement connu de tous les Russes d’origine coréenne a été créé par un dénommé Jun Valery, qui y a ajouté depuis quatre autres, dont certains sont tenues par sa fille aînée assistée de son fils et de son mari. Un autre café, de style tout à fait européen cette fois et appelé Koreana, est toujours plus fréquenté depuis son ouverture en octobre 2017 par Anastasia Huh. Avec la multiplication d’heureuses initiatives de ce type, le quartier qui les accueille a connu un important essor commercial lié en particulier à l’activité de restaurants, d’agences de voyages, de bureaux de change et de boutiques de souvenirs.
C’est en 2001 que les premiers ressortissants coréens d’Asie centrale sont rentrés au pays avec le soutien de Shin Joya. Lorsque l’usine où elle travaillait avait refusé de lui verser son salaire, cette Goryeo-in de troisième génération avait fait appel au pasteur du temple Saenal de Gwangju, Lee Chun-young, avec lequel elle allait plus tard fonder le Village des Goryeo-in et ouvrir un centre d’activités communautaires au rez-de-chaussée d’un ancien centre commercial. Quand la Corée a décidé de délivrer des visas de travail aux ressortissants d’origine coréenne de Chine et d’Asie centrale, le nombre de Goryeo-in vivant à Gwangju a sensiblement augmenté.
Le choix de s’y fixer est tout simplement dû au fait que, de bouche à oreille, les Coréens de toute l’Asie centrale ont appris que ceux déjà établis au pays aidaient les nouveaux arrivants dans la recherche d’un logement ou d’un emploi et qu’ils assuraient l’interprétation d’une langue à l’autre. La personne à l’origine de cette entraide n’est autre que Shin Joya, qui s’efforce de résoudre les problèmes des nouveaux venus comme s’il s’agissait des siens, ce qui lui a valu le surnom de « marraine des Goryeo-in », ces derniers affirmant même que : « La vie n’est pas possible sans Joya ». Sur son téléphone portable, le répertoire de ses contacts comporte plus de 2 000 numéros de compatriotes et elle est épaulée par l’homme qu’elle a épousé en 2008, un réfugié nord-coréen pareillement acquis à la cause de sa communauté.
« En vivant dans la patrie de nos ancêtres, nous nous conduirons en dignes descendants et ferons nôtre l’ambition qui était la leur de rétablir la souveraineté nationale ».
Lors de la cinquième édition de la Fête des Goryeo-in, qui a lieu le troisième dimanche d’octobre, les enfants du Village ont exécuté l’année dernière la danse traditionnelle coréenne de l’éventail.
L’instruction si importante pour l’avenir
« Les Goryeo-in ont beau être intelligents et instruits, ils souffrent d’un manque de considération en Ouzbékistan. Même les titulaires de plus de deux diplômes universitaires ont presque toujours du mal à trouver du travail », explique Shin Joya et c’est cette difficulté à subvenir à ses besoins qui l’a contrainte à partir pour sa patrie d’origine.
Également d’ascendance coréenne à la troisième génération, Svetlana Jung a franchi le pas pour la même raison. « Dès mon arrivée, j’ai trouvé un emploi dans une usine de machines à laver », déclare-t-elle. « Le dimanche, je faisais aussi la plonge dans un restaurant, alors, j’ai réussi à mettre de côté les 500 000 wons de caution de mon studio ».
Quand a disparu l’Union soviétique et que les nouveaux États indépendants ont mis en œuvre une politique linguistique favorable à leurs peuples respectifs, les citoyens d’origine coréenne, ne parlant que la langue russe, ont peu à peu vu leur situation se dégrader. Lorsqu’ils ont finalement quitté ces pays pour vivre en Corée, ils y ont retrouvé ces mêmes discriminations qu’ils avaient eu à subir à l’étranger en raison de la barrière de la langue. Les formulaires de demande de visa à remplir, la scolarité des enfants et même les courses au supermarché : autant d’écueils dont est parsemé leur quotidien lorsqu’ils ne maîtrisent pas suffisamment la langue coréenne.
Au Village des Goryeo-in, l’instruction des enfants représente donc un objectif primordial pour la population. Contrairement à la plupart des ressortissants chinois d’origine coréenne ou sud-asiatiques qui immigrent seuls en Corée dans le but de gagner de l’argent, les Goryeo-in y viennent le plus souvent avec une famille s’étendant sur trois générations et ils veillent ainsi d’autant mieux à l’instruction de leurs enfants. L’établissement scolaire que fréquentent ceux-ci s’appelle Saenal et il est le premier de type alternatif et multiculturel à être apparu en Corée, voici déjà dix ans, son agrément par le ministère de l’Éducation nationale datant de 2011. L’instruction y est gratuite dans les classes du primaire et du secondaire, où l’enseignement assuré met l’accent sur l’épanouissement personnel, ce qui fait la notoriété de l’école jusque dans la communauté coréenne d’Asie centrale. C’est le pasteur Lee qui la dirige, celui-là même qui, aux côtés de Shin Joya, a œuvré à la mise en place de structures destinées à aider les nouveaux venus, de sorte qu’il est pour ainsi dire le « parrain » qui fait pendant à la « marraine » que représente celle-ci.
Plusieurs associations présentes au Village des Goryeo-in dispensent des cours de coréen en offrant différents horaires et niveaux d’étude. Dans le cas des adultes, cet enseignement s’adresse désormais aux catégories « débutant », « intermédiaire » et « avancé » pour répondre à une demande toujours plus forte, ainsi qu’aux enfants récemment arrivés auxquels est proposé un programme adapté. Les adultes qui ne peuvent assister à ces cours pour des raisons professionnelles ont tout de même la possibilité d’en suivre sur la station de radio Goryeo FM dont les émissions éducatives sont très appréciées.
La maison de la jeunesse, qui est apparue au Village en 2013, accueille également les élèves des cours primaire et secondaire afin de leur enseigner l’anglais, le russe, les mathématiques et les arts plastiques, la pratique du football ou l’initiation à la guitare étant proposées au titre des activités extrascolaires. Il y a six ans, une crèche allait aussi ouvrir pour prendre en charge les jeunes enfants des couples bi-actifs, ce qui comporte la fourniture des repas, ainsi que l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et d’un sport. Enfin, tous les week-ends depuis le mois de juillet dernier, le Village offre un programme de remise à niveau en russe à l’intention des élèves du primaire, dont les parents tiennent toujours à ce qu’ils soient bilingues et qui, après leur arrivée en Corée, ont toujours plus tendance à oublier cette langue qu’ils ont pourtant apprise dès leur plus jeune âge.
Le lien créé par les médias
C’est une société de secours mutuel qui se trouve véritablement au coeur du Village des Goryeo-in. Elle propose un hébergement provisoire à ceux qui n’en ont pas encore trouvé pour qu’ils se consacrent pleinement à la recherche d’un emploi et leur fournit des conseils dans ce domaine, mais aussi en cas d’accidents du travail, de salaires impayés ou de problèmes dans l’obtention d’un visa.
Attenant aux locaux de cette société, le Musée d’histoire communautaire qui a ouvert ses portes en juin 2017 figure aussi parmi les principaux établissements du Village. Il permet au visiteur de découvrir l’histoire de la résistance à l’impérialisme japonais et du mouvement pour l’indépendance de la Corée qui rassembla les Coréens résidant dans l’Extrême-Orient russe à partir des années 1860, mais aussi de ne pas oublier les discriminations et injustices systématiques qu’eurent à subir leurs descendants. En 2017, le 80e anniversaire de la déportation des Coréens en Asie centrale a donné lieu à une manifestation commémorative qui se déroulait au Village des Goryeo-in.
Les supports d’information ont aussi un rôle à jouer dans l’entraide communautaire, les habitants pouvant y recourir, lorsque surviennent des problèmes tels qu’une maladie grave ou des difficultés à payer des soins médicaux, par le biais des stations de radio locales Goryeo FM et Nanum, dont le nom signifie partage, la première étant d’une création antérieure à la seconde.
Elle est animée par ces mêmes immigrés d’origine coréenne qui trouvent une nouvelle patrie dans le pays de leurs ancêtres. Les émissions y sont diffusées à 80 % en langue russe, étant donné la meilleure maîtrise qu’ils ont de celle-ci par rapport au coréen. Émettant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, elle bénéficie d’une très forte audience, y compris chez les parents et amis qui sont restés en Asie centrale, mais suivent fidèlement ses programmes grâce à une application disponible sur leur smartphone. De son côté, Nanum Radio permet à quelque 110 000 auditeurs d’obtenir des informations précises au sujet du Village sur Facebook ou par courriel.
Des descendants à la quatrième génération
Les Goryeo-in de Gwangju sont unis par de forts liens de solidarité et, lors d’un mariage ou d’un enterrement, par exemple, ils s’entraident pour organiser la cérémonie. En outre, ils se chargent du balayage des rues et de leur surveillance pour prévenir la délinquance. Tous les ans, ils proposent une journée portes ouvertes à l’intention du public et, lors de la dernière édition de celle-ci, qui a eu lieu en novembre dernier, ils ont accueilli la ministre de l’Éducation nationale d’Ouzbékistan, Agrippina Shin.
Malgré les différentes aides offertes aux habitants du Village, la vie n’en reste pas moins difficile dans certaines situations, notamment s’ils ne bénéficient pas d’une couverture suffisante en matière de santé. Si un séjour de 90 jours dans le pays leur donne droit à l’assurance-maladie, la cotisation de 100 000 wons qu’ils ont à acquitter chaque mois représente une dépense importante pour la plupart d’entre eux.
L’obtention d’un visa figure aussi parmi les problèmes qu’ils rencontrent, car, au regard de la loi, ne sont actuellement considérées être des « Coréens de l’étranger » que les personnes des première à troisième générations auxquelles est accordé un permis de séjour de longue durée, alors que les ressortissants de la quatrième génération et au-delà figurent parmi les « étrangers ». En conséquence, lorsque ces derniers atteignent l’âge de 19 ans, il leur faut soit repartir définitivement, soit sortir du pays et y revenir tous les trois mois pour renouveler leur visa de touriste dont la validité est limitée à cette durée, et ce, même s’ils sont nés en Corée du Sud. Les quelque quatre cents nouveaux venus de cette génération n’ont d’autre espoir que celui de voir ces restrictions de visa disparaître pour tous les ressortissants étrangers d’origine coréenne.
En cette année 2018 qui marque le 30e anniversaire de l’arrivée des premiers Coréens d’Asie centrale, Shin Joya, pensive, a ces mots qui traduisent sans nul doute la volonté à toute épreuve de ses compatriotes : « En vivant dans la patrie de nos ancêtres, nous nous conduirons en dignes descendants et ferons nôtre l’ambition qui était la leur de rétablir la souveraineté nationale ».
Les revirements de la vie
le cas de Vladimir Kim
Le poète Vladimir Kim est d’origine coréenne à la troisième génération et vivait en Ouzbékistan, mais il habite aujourd’hui le Village des Goryeo-in. S’il y est connu, ce n’est pas tant parce qu’il est aujourd’hui journalier après avoir enseigné dans une université d’Ouzbékistan que pour l’aide qu’il apporte à ses compatriotes immigrés du Village et pour l’animation en langue russe d’une émission intitulée « Littérature du bonheur » que diffuse la station de radio locale Goryeo FM. En outre, il est souvent appelé à participer à des manifestations nationales ou municipales en tant que représentant de la communauté.
« Autrefois, j’étais un gratte-papier, mais, au pays de mes ancêtres, je fais pour la première fois un travail manuel », confie-t-il.
Vladimir Kim a eu particulièrement de mal à s’adapter à son premier travail en usine et, pendant les trois années qui ont suivi son arrivée, il a regretté son choix et sérieusement envisagé de rentrer en Ouzbékistan. Aujourd’hui, il affirme sans hésiter avoir pris la bonne décision en écoutant son père.
À ses heures perdues, l’homme aime à composer des poèmes et en février dernier, il a fait éditer un premier recueil de poèmes composés en Corée sous le titre Première neige à Gwangju, qui est aussi celui de l’un de ces 35 textes en langue russe. Si cette parution a été possible, c’est grâce aux encouragements de Jeong Mak-lae, une ancienne professeure de littérature russe de l’Université Keimyung de Daegu avec laquelle il s’est lié d’amitié lorsqu’elle écrivait un article sur les ressortissants coréens d’Asie centrale. Elle allait assurer la traduction du recueil de Vladimir Kim pour qu’il soit disponible en russe comme en coréen.
Dans cet ensemble d’œuvres exprimant avec puissance l’amour de la nature et de la patrie des ancêtres, l’auteur évoque les joies et peines de son grand-père et de ses parents déportés en Asie centrale par Staline.
À l’occasion du 80e anniversaire de la déportation des Coréens en Asie centrale célébré l’été dernier avec le parrainage du Comité commémoratif et de la Fondation des Coréens dans le monde, Vladimir Kim allait, en tant que représentant du Village des Goryeo-in, entreprendre tout un périple dans le cadre d’un circuit intitulé « Le voyage de la nostalgie ou l’odyssée transsibérienne de la route de la soie». Celui-ci l’a entraîné sur les traces des ancêtres coréens déportés en partant de Vladivostok à destination d’Ushtobe et d’Almaty situées au Kazakhstan. Depuis son retour en Corée, le poète envisage de composer un deuxième recueil de textes sur ce thème.
ar le biais de la poésie, il a évidemment acquis une grande sensibilité à la langue.
« Normalement, je devrais m’exprimer spontanément dans la langue de mon pays d’origine », souligne-t-il « Je regrette de ne pas pouvoir écrire mes poèmes en coréen. Depuis mon arrivée, il y a quelques années, j’ai certes fait quelques progrès, mais j’ai encore un long chemin à parcourir ».
Pendant près de trente ans, Vladimir Kim a enseigné la littérature russe à l’Université nationale des langues étrangères et à la Faculté de médecine de Tachkent, puis il a dû prendre sa retraite à l’âge de 55 ans, comme la loi l’exige. Début 2011, il allait prendre la décision d’aller vivre en Corée et s’envoler au mois de mars pour la patrie de ses ancêtres, où l’on rejoint peu après sa femme et ses enfants. Aux côtés de sa famille, qui compte désormais dix personnes depuis qu’il est grand-père, il reste un habitant comme les autres du Village des Goryeo-in,mais espère toujours que vienne le jour où il pourra affirmer fièrement que la Corée est son pays.