Subject L’« eollebit », le peigne traditionnel Count 668
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Jusqu’à l’époque moderne, le port du chignon étant de mise pour les femmes mariées, celles-ci devaient soigneusement tresser leurs longs cheveux avant de les rassembler et de les nouer sur leur tête au moyen d’une épingle ornementale appelée « binyeo », tandis qu’avant de convoler, elles les réunissaient nettement en une longue natte. Pour les élégantes de jadis, la journée commençait donc par le démêlage des cheveux à l’aide d’un peigne à dents largement espacées dit « eollebit », auquel succédait le lissage avec un second instrument à dents plus serrées, le « chambit». L’exécution régulière de ces opérations leur permettait de maintenir la propreté et la santé de leur chevelure qu’elles enduisaient de quelques gouttes d’huile de camélia pour lui donner plus de brillance, autant de pratiques
d’hygiène qui participaient d’une discipline tout aussi physique que morale.
Si elles privilégiaient le bois dur du buis pour le premier de ces accessoires, elles lui préféraient la canne du bambou pour le second, afin de conférer à celui-ci la souplesse et la solidité nécessaires. L’« eollebit » aux dents écartées permettait un peignage facile et son bois, qui ne devait offrir nulle résistance aux cheveux, pouvait aussi se composer de bouleau, pin ou jujubier, la couleur rouge sombre de cette dernière essence lui apportant naturellement un attrait visuel.
Les peignes réalisés en pin de l’île de Jejudo avaient la faveur des utilisatrices, qui leur prêtaient des vertus thérapeutiques contre toutes maladies, ainsi que la faculté
d’éloigner la malchance. Sous les Trois Royaumes (Ier siècle av. J.-C.- VIIe siècle) et la dynastie de Goryeo (918-1392), des « eollebit » décoratifs composés de carapace de tortue,
d’ivoire, de corne ou d’argent étaient employés comme parures, les gentes dames appréciant tout particulièrement ceux en forme de demi-lune, surtout lorsqu’ils s’ornaient de symboles de bon augure représentés avec goût.
À l’époque Joseon (1392-1910), les femmes voyaient en outre dans le peigne un symbole de fidélité qu’elles ne manquaient pas de placer dans le cercueil de leur mari en témoignage de leur constance, mais elles le considéraient aussi comme un bien précieux et exigeaient aussi qu’il fût enseveli auprès d’elle, tandis qu’en signe de deuil, elles cessaient de l’employer en raison de leur chagrin, de sorte que cet accessoire faisait à tel point partie de leur vie quotidienne qu’un adage affirma longtemps que la plus pauvre d’entre elles, fût-elle dépourvue de dot, en possédait toujours un.

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